Chapter 2:

Chapitre 2 — 震え (Frissons)

時Toki (pulse)


Le reste de la matinée se déroula dans une étrange lenteur.Pour Mina, chaque minute semblait plus lourde que d’habitude, chaque battement de cœur un peu plus audible. Elle essayait d’écouter les cours, de prendre des notes correctement, mais elle sentait constamment un regard posé sur elle.
Celui de Naho.
Derrière elle, la blonde changeait régulièrement de position : parfois elle s’affalait contre son dossier, parfois elle s’avançait un peu trop près, au point que Mina sentait presque ses genoux toucher le dos de sa chaise. À chaque mouvement, un petit frisson traversait sa colonne vertébrale malgré elle.
Pourquoi cette fille avait-elle décidé de s’asseoir là ?D’habitude, personne ne prenait la place derrière elle.C’était une zone calme. Un refuge.
Mais depuis ce matin… ce refuge avait été envahi.
À la pause, Mina rangea lentement son cahier, quand une voix souffla juste à son oreille :
— « Tu écris super vite. Je t’observe depuis tout à l’heure. »
Mina sursauta, son stylo lui glissant presque des doigts.
— « Tu pourrais… garder un peu de distance ? » murmura-t-elle, gênée.
Naho s’appuya nonchalamment contre le bureau, un sourire oblique aux lèvres.
— « Ah, tu es ce genre de fille. Celle qui dit non avec les mots, mais dont les joues disent l’inverse. »
Mina sentit la chaleur lui monter immédiatement au visage.
— « Je… je n’ai rien dit comme ça ! »
— « C’est mignon. » déclara Naho sans hésitation, comme si complimenter quelqu’un aussi directement était naturel pour elle.
Mina ne savait plus où se mettre.
Elle tenta d’ignorer Naho en rangeant son sac, mais la blonde ne sembla pas vouloir bouger. Au contraire, elle attrapa le carnet qu’elle avait plus tôt et le posa sur la table de Mina.
— « Tu veux voir ? »
Mina hésita, puis ouvrit le cahier.Des esquisses. Beaucoup.Plusieurs dessins rapides du couloir : fenêtres, silhouettes, quelques visages.Et là… une silhouette reconnaissable entre mille : une fille avec des cheveux sombres, de longues mèches disciplinées, et une posture raide.
Mina arrêta de respirer.
— « C’est… moi ? »
Naho hocha la tête.
— « Tu es facile à dessiner. »Puis, en la fixant :— « Tu m’intéresses. »
Mina referma le carnet d’un geste maladroit.
— « C’est… c’est bizarre ! On ne se connaît même pas ! »
Naho sourit, légèrement inclinée en avant.
— « Justement. C’est le meilleur moment. Quand on ne sait encore rien de l’autre… et qu’on veut tout découvrir. »
Ces mots firent battre le cœur de Mina un peu trop vite.
Elle détourna le regard, mais Naho ne semblait pas vouloir la laisser respirer. Pas aujourd’hui. Pas maintenant qu’elle avait décidé que Mina était un sujet intéressant.
La cloche retentit de nouveau, marquant le début du prochain cours.Mais Naho resta plantée là, les mains dans les poches, un air étonnamment sérieux soudain.
— « Hé, Mina. »Elle attendit qu’elle la regarde.— « Si je te dérange, tu peux me le dire vraiment. Je m’arrêterai. »
C’était dit sans moquerie, sans provocation.Sincèrement.
Mina sentit un nœud dans sa gorge.Partagée entre l’envie de dire « oui », et une autre, plus obscure, plus forte, celle de garder cette présence dérangeante près d’elle.
Elle baissa les yeux.
— « C’est juste… beaucoup, d’un coup. »
Naho sourit doucement, sans insister.
— « Ok. Je ralentis. Promis. »
Elle retourna s’asseoir derrière elle, cette fois sans se pencher, sans tenter de la frôler, sans s’approcher plus qu’il ne faut.
Pourtant…La simple conscience de sa présence suffisait à remplir tout l’espace autour de Mina, comme une chaleur trop proche, trop consciente.

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À la sortie des cours, le ciel s’était éclairci.Mina prit le chemin vers la bibliothèque, espérant retrouver un peu de calme dans cet endroit silencieux qu’elle aimait tant.
Mais en arrivant devant l’entrée, elle la vit.
Naho. Accoudée au mur. Comme si elle l’avait attendue.
— « Tu passes toujours ici après les cours, non ? » demanda-t-elle en se redressant.
Mina écarquilla les yeux.
— « Comment tu… ? »
— « Je t’ai vue hier. Et avant-hier aussi. »Elle haussa les épaules.— « Je suis observatrice. »
Une part de Mina voulait protester.Une autre voulait fuir.Mais aucune n’arriva à faire un geste.
Naho s’approcha d’un pas, puis s’arrêta à une distance raisonnable — comme elle l’avait promis.Son regard se fit plus doux.
— « Je veux juste… apprendre à te connaître. Pas te faire peur. »
Mina inspira lentement.
Elle aurait dû dire non.Elle aurait dû mettre fin à cette étrange dynamique.Elle aurait dû retrouver sa tranquillité.
Mais au lieu de ça, elle posa une main sur la poignée de la porte et murmura :
— « Tu peux… entrer avec moi. Si tu veux. »
Le sourire que Naho fit à cet instant eut un effet étrange sur elle :un mélange de chaleur, d’appréhension, et quelque chose d’encore plus dangereux — quelque chose qui ressemblait à un début d’attachement.
— « Avec plaisir. »
Et toutes les deux franchirent la porte.Un premier pas, discret mais irréversible, dans une relation qui n’aurait jamais dû commencer.


Milo.g
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